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Pont de la légende

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La reine Sancie y subit, en 1170, le jugement de Dieu par l’eau, c’est du moins ce que nous conte la belle légende du Pont Vieux. Enjambant le gave, le pont fortifié, est le plus ancien de Béarn avec celui d’Orthez. S’il nous apparaît aujourd’hui bien romantique, on ne doit pas oublier que sa fonction fut à la fois défensive et économique. Toute marchandise et tout piéton franchissant le pont étaient taxés ! Après un arrêt à l’Hôpital Saint Jacques voisin, le pèlerin allant à Compostelle franchissait ce pont, traversant l’île de la Glère. Un autre pont, le pont de la Réclusy, lui permettait de franchir l’autre bras du gave.

 
 
 
 
 
 
 
La légende du Vieux pont
Mille cent soixante dix, ce fut terrible année, 

Ecoutez la légende du vieux pont Béarnais…

L’infante Léofas, Sancie la navarraise

A perdu son époux en terre béarnaise.

Gaston V de Béarn s’en est allé vers Dieu

Au paradis des preux, rejoindre ses aïeux.

Leur enfant nouveau-né, difforme en tout son corps

A son tour est frappé par la cruelle mort.

La médisance alors se donne libre cours :

Elle a tué son fils en lui donnant le jour !

Et la colère gronde, la raison s’égare,

Les barons aussitôt, appellent de Navarre

Le roi Sanche son frère : « Sancie, sur le pont Vieux

Devra subir par l’eau, le jugement de Dieu ! »

O ! la terrible épreuve… Sont venus par milliers

la voir en robe blanche, les pieds, les mains liés.

Soudain, du haut du pont est projetée Sancie !

Un effroyable cri et puis c’est le silence…

L’onde comme un linceul avec indifférence

S’est refermée bien vite sur sa proie.

L’angoisse étreint chacun et le remplit d’effroi.

Se glissent alors dans les cœurs et le doute et la peur,

Sinistres anges noirs de mort et de malheur.

C’est alors tout à coup dans l’écume des flots

Qu’une forme a surgi, soulevée par les flots.

A trois portées de flèches, elle atteint le rivage,

Et chacun reconnaît le douloureux visage !

Eclate alors la joie : Sancie est bien vivante !

Hosanna, Sancie est innocente !

Sancie fit un manteau de pierreries

Brodé de longs fils d’or pour remercier Marie.

Elle l’offrit à notre dame du vieux Rocamadour.

Passe, passe le temps, mais nous chantons toujours

La justice rendue dans la cité ibère

Et la belle légende du pont de Sauveterre.

                                                       Joseph Gastellu

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